Il y a une chose que j'aime bien, dans mon métier : voir arriver un train. Pas pour le train lui-même — je ne suis pas de ces passionnés qui reconnaissent une motrice à son bruit — mais pour ce qui se passe sur le quai, trente secondes après. Les portes s'ouvrent, et l'on distingue tout de suite ceux qui connaissent de ceux qui découvrent. Les premiers descendent sans se presser, valise à la main, ils savent où ils vont. Les seconds s'arrêtent net à deux mètres de la porte, lèvent la tête, cherchent un panneau, et se demandent si c'était bien là qu'il fallait descendre.
Je m'appelle Laurent Séveno, je suis chauffeur privé à Guérande et je passe une bonne partie de mes semaines à récupérer des voyageurs sur les quais de la presqu'île : La Baule-Escoublac, Pornichet, Le Croisic, Saint-Nazaire, et bien sûr la gare de Nantes quand la correspondance se fait là-bas. À force, j'ai fini par connaître cette ligne mieux que certains habitués : ses horaires creux, ses week-ends de bousculade, ses gares où l'on trouve un taxi et celles où l'on n'en trouve jamais.
Ce guide, c'est ce que je répète au téléphone à des clients qui préparent leur séjour et qui hésitent encore. Comment fonctionne vraiment la ligne Nantes ↔ Le Croisic, ce que vaut le TGV depuis Paris selon la saison, quelle gare choisir quand on loge entre La Baule et Le Pouliguen, pourquoi Guérande n'a pas de gare voyageurs et ce que ça implique, et surtout ce fameux dernier kilomètre entre le quai et la porte de la location — celui dont personne ne parle sur les sites de réservation, et qui décide pourtant de la première heure des vacances.
La ligne Nantes ↔ Le Croisic : une voie ferrée qui va vraiment au bout de la terre
Commençons par la bonne nouvelle, parce qu'elle n'est pas si banale : la presqu'île guérandaise est desservie par le train jusqu'à son extrémité. Ce n'est pas le cas de beaucoup de littoraux français. Ici, la ligne part de Nantes, file vers l'ouest, passe Savenay, rejoint Saint-Nazaire, puis longe la côte en s'arrêtant à Pornichet, à La Baule, au Pouliguen, à Batz-sur-Mer, et termine sa course au Croisic, à quelques centaines de mètres du port. On descend du wagon et l'on sent l'iode. Pour un voyageur qui vient passer une semaine au bord de l'eau, c'est un début de séjour difficile à égaler.
Dans la pratique, c'est une ligne TER classique : des trains régionaux, un cadencement correct en journée, qui se densifie l'été et les vendredis soir, et qui se raréfie franchement en hiver, en début de matinée et en fin de soirée. Comptez, en gros, autour d'une heure entre la gare de Nantes et La Baule-Escoublac selon le nombre d'arrêts desservis — certains trains marquent tous les points, d'autres sautent des haltes et gagnent quelques minutes. Ce n'est pas une ligne à grande vitesse, mais elle fait exactement ce qu'on lui demande.
Les gares, dans l'ordre
Voici la séquence, telle que je la donne à mes clients qui découvrent le secteur et qui essaient de se représenter la géographie. C'est plus parlant qu'une carte, parce que cela dit aussi la distance entre les stations : sur la fin du parcours, les gares s'enchaînent vite, on est en zone urbanisée et balnéaire, et il ne s'écoule parfois que trois ou quatre minutes entre deux arrêts.
- Nantes — la gare de départ, avec ses deux accès nord et sud, et l'ensemble des correspondances TGV.
- Savenay — le nœud où la ligne se sépare : d'un côté Redon et la Bretagne intérieure, de l'autre la côte.
- Saint-Nazaire — la grande gare du secteur, en centre-ville, très pratique pour les déplacements professionnels.
- Pornichet — une halte discrète, à quelques minutes à pied du port de plaisance et de l'hippodrome.
- La Baule-Escoublac — la gare principale de La Baule, celle où descend la grande majorité des vacanciers.
- La Baule-les-Pins — la seconde halte baulaise, plus à l'est, ouverte selon les périodes et les circulations.
- Le Pouliguen, Batz-sur-Mer, Le Croisic — la fin de ligne, au plus près de la Côte Sauvage et des ports.
Je précise tout de suite un point qui surprend beaucoup de monde, et j'y reviendrai plus loin : Guérande, la cité médiévale, ne figure pas dans cette liste. Il n'y a pas de desserte voyageurs régulière à Guérande. C'est contre-intuitif quand on regarde une carte — la ville est au cœur de la presqu'île — mais c'est ainsi, et cela change beaucoup de choses dans l'organisation d'un séjour.
Le conseil de Laurent
Avant de réserver votre logement, vérifiez la gare la plus proche ET l'heure du dernier train du soir dans votre sens. C'est l'information que personne ne regarde et qui coûte le plus cher ensuite. En hiver, sur cette ligne, la soirée se termine tôt : un dîner qui traîne à Nantes un mardi de janvier peut vous laisser sur le quai. En été, l'offre est bien plus généreuse — mais les trains du vendredi soir se remplissent.
Depuis Paris : le TGV direct l'été, la correspondance à Nantes le reste du temps
C'est la question numéro un de mes clients parisiens, et la réponse dépend du calendrier. Une partie de l'année, notamment en saison et les week-ends, des TGV directs relient Paris à la presqu'île en poussant jusqu'au Croisic : on monte à Montparnasse, on descend à La Baule-Escoublac ou au Croisic, sans changer de train. C'est la formule la plus confortable qui existe pour venir ici, tout simplement parce qu'elle supprime le seul vrai point de friction du voyage — le changement avec les bagages.
Le reste de l'année, ou sur les créneaux non couverts, le schéma classique reprend ses droits : TGV jusqu'à Nantes, puis TER vers la côte. La correspondance se fait dans la même gare, ce qui est déjà très confortable, mais elle impose un temps d'attente qui peut aller de quelques minutes à plus d'une heure selon la façon dont les horaires s'emboîtent. Sur un aller-retour de week-end, ces deux attentes cumulées finissent par peser.
Ce que je regarde à la place de mes clients
Quand quelqu'un m'appelle en me disant « je ne sais pas si je prends le train ou la voiture », je ne regarde jamais le temps de trajet affiché. Je regarde trois choses : l'heure d'arrivée réelle sur la presqu'île, le nombre de ruptures de charge (changements, escalators, quais à traverser avec des valises), et ce qui se passe à l'arrivée. Un trajet annoncé « 3 h 15 » qui se termine par quarante minutes d'attente d'un taxi sous la pluie n'est pas un trajet de 3 h 15.
Il y a aussi un paramètre que les habitués connaissent bien : la correspondance serrée à Nantes est un pari. Si le TGV arrive avec dix minutes de retard, le TER de la côte, lui, ne vous attend pas — et le suivant peut être une heure plus tard en dehors des périodes denses. Je conseille systématiquement de laisser une marge confortable à Nantes plutôt que d'optimiser à la minute. La gare de Nantes est agréable, on peut y patienter sans souffrir.
« Un bon trajet, ce n'est pas le plus court sur le papier. C'est celui où l'on n'a jamais à courir. »
Le conseil de Laurent
Si vous venez de Paris en famille avec de gros bagages, cherchez d'abord un TGV direct, même s'il vous oblige à partir deux heures plus tôt ou plus tard que votre horaire idéal. Le confort gagné en supprimant la correspondance vaut largement ce décalage. Et réservez tôt : sur les directs de la belle saison, les places partent bien avant les autres.
Quelle gare choisir sur la presqu'île (et pourquoi ce n'est pas toujours la plus proche)
Sur une bande côtière aussi resserrée, les gares se suivent de près, et l'on croit souvent qu'il suffit de descendre à la plus proche de son logement. C'est vrai sur le papier. Dans les faits, trois critères comptent autant que la distance : la fréquence des trains qui s'y arrêtent réellement, la présence ou non de taxis en station à l'arrivée, et la facilité d'accès en voiture pour venir vous chercher.
La Baule-Escoublac, la valeur sûre
C'est la gare principale, celle qui reçoit le plus de circulations, y compris les directs depuis Paris en saison. Bâtiment reconnaissable, parvis dégagé, accès simple depuis l'avenue. Elle se trouve en retrait de la plage — comptez une bonne marche jusqu'au remblai, ce qui n'a rien d'insurmontable les mains libres, mais devient franchement pénible avec deux valises et un enfant fatigué. C'est là que j'ai le plus de prises en charge, et c'est aussi la plus simple à décrire au téléphone : « je serai devant la gare, côté parvis, la berline bleue ».
Pornichet, pratique et sous-estimée
Si vous logez du côté de Sainte-Marguerite, du port ou de l'hippodrome, ne descendez pas systématiquement à La Baule. La halte de Pornichet est calme, très bien placée pour la partie est de la baie, et vous évite de repartir en sens inverse. Vérifiez simplement que votre train y marque l'arrêt : tous ne le font pas.
Le Pouliguen, Batz-sur-Mer, Le Croisic : le bout du monde en douceur
Ces trois-là ont un charme particulier, celui des gares de fin de ligne où il ne se passe rien entre deux trains. Le Croisic est la plus spectaculaire — on arrive quasiment au bord de l'eau — et c'est un excellent point de chute pour rayonner vers la Côte Sauvage. Batz-sur-Mer et Le Pouliguen sont de petites haltes : parfaites si votre location est à deux pas, beaucoup moins si vous devez ensuite traverser la commune avec vos bagages, car vous n'y trouverez pas de station de taxi qui attend le train.
Saint-Nazaire, la gare des trajets utiles
Pour un déplacement professionnel, un rendez-vous aux chantiers, ou simplement parce qu'un train y passe quand vous en avez besoin, Saint-Nazaire est souvent la meilleure porte d'entrée. La gare est en centre-ville, bien reliée, et je remonte de là vers Guérande ou La Baule en une vingtaine de minutes selon la circulation. Beaucoup de mes clients d'affaires descendent à Saint-Nazaire même si leur destination finale est ailleurs sur la presqu'île, uniquement parce que l'horaire tombe mieux.
- Logement sur le remblai ou dans le centre de La Baule : descendez à La Baule-Escoublac.
- Logement côté hippodrome, port de Pornichet ou Sainte-Marguerite : Pornichet vous fera gagner du temps.
- Location au Croisic, à Batz ou près de la Côte Sauvage : allez jusqu'au terminus, c'est fait pour.
- Destination Guérande, La Turballe, Piriac ou Saint-Molf : descendez à La Baule-Escoublac et prévoyez le relais routier.
- Rendez-vous professionnel : Saint-Nazaire, presque toujours.
Guérande, La Turballe, Piriac : ce que le train ne fait pas
Voilà le point qui pose le plus de problèmes d'organisation, et je le vois se rejouer chaque semaine. Guérande est la ville la plus visitée de la presqu'île après La Baule, elle attire des dizaines de milliers de curieux pour ses remparts et ses marais salants, et pourtant aucun train de voyageurs ne s'y arrête. La ligne ferroviaire qui traversait autrefois la commune n'assure plus de service régulier ; il reste des rails, un ancien bâtiment, et beaucoup de visiteurs qui cherchent une gare inexistante sur leur application de voyage.
Concrètement, si vous logez à Guérande intra-muros, dans les hameaux autour de Saillé ou de Clis, à La Turballe, à Piriac ou à Saint-Molf, votre voyage en train s'arrête à La Baule-Escoublac — parfois au Croisic si cela tombe mieux — et il vous reste entre dix minutes et une petite demi-heure de route. C'est peu à l'échelle d'un trajet depuis Paris. C'est énorme quand on est sur un parvis de gare, à 22 h, avec trois valises, et qu'on découvre qu'il n'y a plus de bus.
Les solutions, honnêtement classées
Il existe des lignes de car interurbaines qui relient La Baule à Guérande et remontent vers La Turballe et Piriac. Elles fonctionnent bien en journée, en semaine, et elles coûtent quelques euros : si vous voyagez léger et que vous arrivez à une heure raisonnable, c'est une option tout à fait valable, et je le dis sans arrière-pensée. Leurs limites sont celles de tous les réseaux ruraux : fréquence réduite le dimanche, service qui s'arrête tôt le soir, arrêts qui ne sont pas devant votre porte, et bagages à porter jusqu'au point de descente.
La location de voiture depuis la gare est une autre piste, mais elle suppose une agence ouverte à l'heure de votre arrivée — ce qui n'est pas gagné un dimanche soir de mars. Restent le taxi, présent en station à La Baule aux heures de trains mais pas de façon garantie, et le transfert privé réservé à l'avance, qui est précisément le service que je rends toute l'année.
Le conseil de Laurent
Si votre destination finale est Guérande, La Turballe ou Piriac, réglez la question du dernier tronçon AVANT de réserver votre billet de train, pas après. Cela vous évitera de choisir un train qui arrive à 22 h 40 alors qu'un autre, une heure plus tôt, vous aurait laissé toutes les options ouvertes. Un séjour bien commencé, c'est presque toujours un séjour dont le dernier quart d'heure a été anticipé.
Les derniers kilomètres : le vrai maillon faible du voyage en train
On a tendance à juger un trajet sur sa partie longue. Or, dans mon expérience, ce qui reste en mémoire, ce sont les quinze dernières minutes. J'ai récupéré des clients qui venaient de faire Genève–Nantes en avion puis Nantes–La Baule en TER sans le moindre accroc, et qui étaient à bout de nerfs parce qu'ils avaient passé vingt-cinq minutes à attendre devant la gare, sans savoir si un taxi allait finir par se présenter.

Le phénomène est mécanique. Sur la presqu'île, l'offre de transport à la demande est calibrée sur une population résidente, pas sur les pics d'arrivée d'un vendredi de juillet ou d'un week-end de Pentecôte. Quand deux trains bien remplis se succèdent, la demande dépasse largement le nombre de véhicules disponibles, et l'attente se crée d'un coup. En hiver, c'est l'inverse : il n'y a pas de file, mais il n'y a pas non plus grand monde en station à 21 h.
Ce que je fais différemment
Un transfert réservé, ce n'est pas un taxi plus cher : c'est un créneau qui vous appartient. Je connais votre numéro de train, je suis son heure d'arrivée réelle, et je suis sur le parvis quand vous sortez. Si le TER a vingt minutes de retard — cela arrive, notamment quand une correspondance amont a décalé —, je décale, sans que vous ayez à négocier quoi que ce soit. Le prix, lui, est fixé au moment de la réservation : il ne dépend ni de l'heure ni de l'affluence.
- Vous savez à l'avance qui vient vous chercher, avec quel véhicule et à quel endroit précis du parvis.
- Le prix est annoncé avant le départ, sans compteur ni majoration de dernière minute.
- Le suivi du train est de mon côté : un retard ne vous coûte rien et ne demande aucun appel.
- Les bagages, les sièges enfants et les gros volumes sont prévus dès la réservation, pas découverts sur le trottoir.
Je le dis souvent : le train fait très bien 95 % du chemin. Mon métier consiste à m'occuper des 5 % restants, ceux que le rail ne peut structurellement pas couvrir, parce qu'aucune voie ferrée ne s'arrête devant une maison de vacances au fond d'un chemin de Saillé.
Train, voiture ou avion : mon comparatif honnête
Je ne vais pas vous vendre le train contre la voiture, ni l'inverse. J'ai un intérêt évident dans cette conversation, alors autant être transparent : dans à peu près la moitié des cas, la solution que je recommande à mes interlocuteurs ne passe pas par moi. Voici comment je raisonne, en fonction de la situation.
Le train gagne quand…
Vous venez de Paris, de Rennes ou d'une grande ville bien reliée ; vous logez à moins de dix minutes d'une gare de la ligne ; vous ne comptez pas rayonner tous les jours à quarante kilomètres à la ronde. Ajoutez-y l'été baulais, où la question du stationnement devient un sport de combat : ne pas avoir de voiture à garer entre le 14 juillet et le 20 août est un luxe que beaucoup découvrent avec bonheur. Le train évite aussi la fatigue des trois heures d'autoroute et le retour du dimanche soir, qui est rarement un moment de plaisir.
La voiture garde l'avantage quand…
Vous venez à plusieurs avec du matériel — planches, vélos, parasols, poussettes —, vous logez à l'écart des gares, ou votre programme prévoit des excursions quotidiennes vers Le Croisic, la Brière, Pornic ou le golfe du Morbihan. Sur ce type de séjour itinérant, l'autonomie du véhicule personnel reste imbattable, et je n'ai jamais essayé de convaincre quelqu'un du contraire.
L'avion, une logique différente
Pour les voyageurs qui viennent du sud de la France, de Corse ou de l'étranger, l'aéroport de Nantes-Atlantique est souvent la porte d'entrée la plus rationnelle. Il est situé au sud-ouest de Nantes, du bon côté quand on vise la côte, ce qui évite de traverser l'agglomération. J'ai consacré un guide entier à l'arrivée à Nantes-Atlantique, avec les temps réels entre l'atterrissage et la sortie ; il complète bien celui-ci pour ceux qui hésitent encore entre le rail et l'air.
Le conseil de Laurent
Ne comparez jamais un billet de train à un plein d'essence. Comparez des coûts complets : pour la voiture, ajoutez les péages, l'usure, et surtout le stationnement estival ; pour le train, ajoutez les transferts à chaque bout. Une fois ce calcul fait honnêtement, l'écart se resserre bien plus qu'on ne l'imagine — et le vrai critère devient le confort, pas le prix.
Bagages, enfants, vélos : voyager en train sans s'épuiser
Le train est une merveille tant qu'on a les mains libres. Dès qu'on ajoute une valise par personne, un sac de plage, une poussette et un carton de matériel, l'équation change — et la presqu'île est justement une destination où l'on vient rarement les mains vides.
Les valises et les quais
Sur les petites haltes de la ligne, tout n'est pas de plain-pied et l'on peut avoir à franchir quelques marches ou à traverser par un passage. Rien d'insurmontable, mais si vous voyagez avec une personne âgée ou à mobilité réduite, renseignez-vous en amont sur l'accessibilité de la gare exacte où vous comptez descendre : elles ne se valent pas toutes. Les grandes gares du parcours, Nantes et Saint-Nazaire, sont bien mieux équipées que les haltes balnéaires.
Les vélos, une vraie question ici
La presqu'île est un terrain magnifique pour le vélo : pistes cyclables le long de la baie, chemins des marais salants, boucle de la Côte Sauvage. Beaucoup de voyageurs veulent donc embarquer leur monture. Les TER de la région acceptent généralement les vélos non démontés dans la limite des emplacements prévus, et cette limite est vite atteinte les week-ends de beau temps. Renseignez-vous sur les conditions du train précis que vous visez, et présentez-vous tôt sur le quai : le premier arrivé accroche son vélo, les autres improvisent.
Avec des enfants
Le trajet en lui-même est un allié : une heure de TER avec la mer qui apparaît après Saint-Nazaire, c'est autrement plus supportable qu'une heure d'autoroute. Le point de vigilance est ailleurs — c'est la manutention à l'arrivée, à une heure où les petits sont fatigués. C'est typiquement la situation où je conseille de ne pas chercher l'économie de bout de course : les vingt minutes gagnées à la sortie du train valent leur prix.
Le conseil de Laurent
Voyagez avec une valise de moins que ce que vous aviez prévu. C'est le conseil le plus rentable que je puisse donner à quelqu'un qui vient ici en train. Sur la presqu'île, on vit en short et en pull marin, il y a des laveries, des marchés et des boutiques partout, et personne n'a jamais regretté d'avoir un bagage en moins à porter sur un quai.
Saisons, horaires et affluence : le rythme réel de la ligne
Cette ligne a deux visages, et c'est en les confondant que l'on se trompe. L'été, elle respire le tourisme : trains renforcés, directs depuis Paris, quais animés, familles, planches de surf, glacières. Le reste de l'année, elle redevient ce qu'elle est fondamentalement — une ligne de vie locale, empruntée par des salariés qui vont travailler à Saint-Nazaire ou à Nantes, avec des pointes le matin et le soir, et des creux profonds au milieu de la journée.
Ce qui en découle est simple à retenir. En juillet-août, vous aurez du choix mais il faudra réserver tôt, surtout sur les directs et les vendredis. En avril, en juin ou en septembre — mes mois préférés ici, il faut le dire —, l'offre reste correcte et les trains sont agréables. En novembre ou en février, vérifiez chaque horaire, notamment le dernier train du soir et les premiers du dimanche matin, où les trous peuvent être longs.
Les moments où la presqu'île se remplit d'un coup
- Les week-ends prolongés de printemps : Pâques, l'Ascension et la Pentecôte remplissent la côte avant même le début officiel de la saison.
- Le 14 juillet et le 15 août, avec des pointes d'arrivées concentrées sur quelques heures.
- Les grands rendez-vous baulais et nazairiens de l'été, qui saturent aussi bien les trains que les routes d'accès.
- Les dimanches soir de fin de vacances scolaires, dans le sens du retour vers Nantes et Paris.
Sur ces créneaux, un principe s'applique : tout ce qui n'est pas réservé sera compliqué. Les trains, les tables de restaurant, les places de parking et les transferts. Je bloque une partie de mon planning plusieurs semaines à l'avance sur ces dates, et je refuse des courses le jour même — non par mauvaise volonté, mais parce que je ne peux pas être à deux endroits en même temps sur une route encombrée.
« Ici, l'été n'est pas une saison, c'est une accélération. Tout ce qui se fait tranquillement en mai demande de l'anticipation en août. »
Le jour du départ : reprendre le train sans stress
On prépare beaucoup l'arrivée et presque jamais le retour. C'est pourtant là que je vois le plus de départs précipités : on quitte la location à la dernière minute, on découvre qu'il faut rendre les clés à l'autre bout du bourg, et l'on arrive sur le quai à bout de souffle.
Ma règle, pour un départ depuis Guérande, La Turballe ou l'arrière-pays vers la gare de La Baule-Escoublac, tient en une phrase : partir vingt minutes plus tôt que ce que le calcul suggère. En saison, la traversée de La Baule un samedi matin ne ressemble en rien à un mardi de mars ; les abords des plages et les axes vers le remblai peuvent être lents, et le stationnement devant la gare, aux heures de train, se joue à la place près.
Le cas particulier du retour vers l'aéroport
Certains voyageurs arrivent en train et repartent en avion, ou l'inverse. C'est une combinaison fréquente et parfaitement logique, à condition de traiter les deux bouts séparément : le train jusqu'à Nantes puis un transfert vers l'aéroport, ou directement un transfert de porte à porte depuis la presqu'île. Sur un vol matinal, la seconde solution l'emporte presque toujours, tout simplement parce que les premiers trains ne sont pas assez tôt pour un décollage à 7 h.
Le conseil de Laurent
Le jour du départ, calez votre horaire sur l'heure à laquelle vous devez rendre les clés, pas sur l'heure du train. C'est presque toujours cette contrainte-là qui commande le reste. Et gardez un créneau tampon d'une demi-heure : sur une presqu'île, en été, une déviation ou un passage de convoi suffit à décaler une matinée entière.
Le train jusqu'à la presqu'île, c'est une belle façon d'arriver. On quitte Nantes, on traverse la Brière et l'estuaire, la lumière change après Saint-Nazaire, et il y a ce moment, quelque part entre Pornichet et La Baule, où la baie apparaît entre deux rangées de pins. Je l'ai vu des centaines de fois depuis la route parallèle, et cela fonctionne toujours : les gens sortent du wagon avec un air un peu différent de celui qu'ils avaient en montant.
Alors oui, il reste ces derniers kilomètres, cette gare de Guérande qui n'existe pas, ce dernier train qui part trop tôt en février. Ce sont des détails d'organisation, pas des obstacles — à condition de les avoir réglés avant de partir plutôt que sur le quai, une valise dans chaque main.
Si votre séjour se prépare et que le trajet gare-logement reste en suspens, écrivez-moi ou appelez-moi au 07 62 59 54 16 : je vous dirai franchement si un car, un taxi ou mon véhicule est la bonne réponse pour votre horaire. Et si c'est moi, je serai sur le parvis quand vous sortirez — même si votre train a vingt minutes de retard.

À propos de l'auteur
Laurent Séveno
Chauffeur privé VTC · Fondateur de VTC Breizh Atlantique
Chauffeur privé VTC indépendant en Bretagne Sud, Laurent Séveno accompagne particuliers et professionnels sur la presqu'île guérandaise et vers l'aéroport de Nantes, en véhicule 100% électrique.
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Comment je travaille avec le train, concrètement
Une part importante de mon activité consiste à prolonger le rail. Je vais chercher des voyageurs sur les quais de La Baule-Escoublac, de Pornichet, du Croisic et de Saint-Nazaire, et je les dépose devant leur porte, à Guérande, à Piriac, à Batz ou au fond d'un chemin des marais que leur application de navigation situe approximativement. Dans l'autre sens, je récupère des clients chez eux au petit matin pour les mettre dans leur train sans qu'ils aient à courir.
Je roule en berline 100 % électrique, une BYD Seal bleu acier — silencieuse, confortable à l'arrière, et cohérente avec l'endroit où nous vivons : ce serait dommage de venir admirer les marais salants et la Côte Sauvage dans un nuage de gazole. Le coffre avale sans discuter les valises d'une famille de quatre, et je préviens toujours à l'avance quand un volume inhabituel demande une organisation particulière.
Le fonctionnement est simple : vous me donnez votre numéro de train et votre gare de descente au moment de réserver, je suis l'horaire réel, et je suis là quand vous posez le pied sur le parvis. Le prix est annoncé et fixé d'avance, quelle que soit l'heure. Si vous arrivez plutôt par les airs, le principe est identique avec un numéro de vol, et le transfert depuis l'aéroport de Nantes vers la presqu'île fait partie de mes courses les plus fréquentes.
Et parce qu'on me pose souvent la question dans la voiture : oui, je réponds volontiers aux « où est-ce qu'on mange bien ? » et aux « qu'est-ce qu'il faut voir en trois jours ? ». C'est même la partie du métier que je préfère. J'ai rassemblé une partie de ces réponses dans mes guides sur la Côte d'Amour, sur Guérande et sur les plateaux de fruits de mer de la presqu'île — de quoi occuper le trajet entre le quai et votre location.